Pour commencer, pouvez-vous nous présenter Sport dans la Ville et sa mission principale ?
Sport dans la Ville est une association française créée il y a plus de 25 ans, dont la mission est d’accompagner les jeunes issus des quartiers prioritaires de la politique de la ville vers la réussite, grâce au sport.
Concrètement, l’association commence par s’implanter au cœur des quartiers en construisant des terrains sportifs. Ces infrastructures sont ensuite animées gratuitement tout au long de l’année, notamment les mercredis et samedis, week-ends et pendant les vacances scolaires.
Mais au-delà du sport, ces terrains sont surtout une porte d’entrée vers un accompagnement global. L’objectif n’est pas de former des sportifs de haut niveau, mais d’utiliser le sport comme un levier pour transmettre des valeurs essentielles comme le respect, la ponctualité ou le vivre-ensemble, utiles dans la vie personnelle comme professionnelle.
À partir de cette base, plusieurs programmes d’accompagnement sont proposés : insertion professionnelle, entrepreneuriat, accompagnement scolaire ou encore programmes dédiés aux jeunes filles.
Comment le sport peut-il être un levier d’égalité des chances et de réussite pour les jeunes ?
Le sport est avant tout un formidable outil de rassemblement. Il permet de créer du lien, d’attirer les jeunes et de les fédérer autour de valeurs communes.
Chez Sport dans la Ville, le sport est utilisé comme un point d’entrée pour accompagner les jeunes sur d’autres dimensions : éducatives, sociales et professionnelles. Les séances sont pensées en fonction de l’âge pour transmettre des compétences adaptées à chaque étape de leur développement.
C’est aussi un levier important en matière de santé, notamment dans les quartiers prioritaires où les inégalités sont plus marquées. Le sport contribue à la fois à la santé physique et mentale, tout en sensibilisant à des modes de vie plus sains.
Quels sont les principaux défis rencontrés aujourd’hui par les jeunes issus des quartiers prioritaires dans leur parcours ?
Les jeunes issus des quartiers prioritaires font face à des inégalités structurelles importantes : un taux de pauvreté plus élevé, un chômage plus important, notamment chez les jeunes, et un accès plus limité à certaines opportunités culturelles ou professionnelles.
Au-delà de ces facteurs économiques et sociaux, il existe aussi un manque de réseau, qui constitue un frein majeur, notamment lors des premières expériences professionnelles comme le stage de troisième.
Ces inégalités ne sont pas liées au potentiel des jeunes, mais bien à un manque d’opportunités. L’enjeu est donc de leur ouvrir des portes et de valoriser leurs talents.
En quoi l’accompagnement individualisé est-il essentiel dans leur réussite ?
L’accompagnement individualisé est au cœur de la philosophie de Sport dans la Ville. Chaque jeune est unique, avec ses propres ambitions, ses contraintes et son parcours.
L’association met en place un suivi personnalisé avec des référents qui accompagnent les jeunes dans la durée. Cela permet de mieux comprendre leurs besoins, leurs envies et de construire un accompagnement adapté.
Cet accompagnement inclut également un lien fort avec les familles, essentiel pour assurer un suivi global. L’objectif est de prendre en compte l’environnement de chaque jeune afin de maximiser ses chances de réussite.
Qu’est-ce qui fait la spécificité de votre programme international Young Talents ?
Le programme Young Talents, lancé en 2018, vise à accompagner les jeunes vers des opportunités à l’international, en réponse à une demande croissante.
Il repose sur trois piliers :
- L’apprentissage de l’anglais, avec des cours, des ateliers et des échanges avec des mentors en entreprise
- Des expériences à l’étranger, grâce à des partenariats avec des structures aux États-Unis, en Angleterre ou en Belgique
- Un accompagnement personnalisé, pour aider les jeunes à construire un projet professionnel international (CV, stages, emplois).
Ce programme permet aux jeunes de découvrir de nouvelles cultures, de gagner en maturité et d’élargir leur champ des possibles.
Avez-vous un exemple de parcours de jeune accompagné qui illustre particulièrement l’impact de votre action ?
De nombreux parcours illustrent l’impact de l’association. Par exemple, une jeune originaire des Hauts-de-France a réalisé un stage en Belgique dans le cadre du programme international.
Cette première expérience à l’étranger a été un véritable déclic : elle envisage désormais de poursuivre ses études au Canada.
Plus globalement, les résultats sont très encourageants : 90 % des jeunes ayant terminé leur parcours sont aujourd’hui en emploi, et 93 % expliquent que le programme Young Talents leur a donné la confiance nécessaire pour se projeter vers un emploi à l’international.
Ces parcours montrent à quel point l’ouverture à l’international peut transformer durablement des trajectoires de vie.
Quel rôle les entreprises peuvent-elles jouer concrètement dans cet accompagnement ?
Les entreprises jouent un rôle central dans le modèle de Sport dans la Ville.
Elles interviennent à plusieurs niveaux :
- Mentorat et accompagnement, notamment via des échanges ou des ateliers
- Accueil de jeunes, pour des stages ou des immersions
- Soutien financier, puisque la majorité des ressources de l’association provient du secteur privé.
Cette collaboration permet de créer un lien direct entre les jeunes et le monde professionnel, tout en donnant du sens à l’engagement des entreprises.
Pourquoi est-il essentiel pour les entreprises de s’engager aux côtés d’associations comme la vôtre ?
S’engager aux côtés d’une association comme Sport dans la Ville crée un véritable impact à la fois pour la société et pour l’entreprise elle-même.
D’un côté, cela permet de soutenir concrètement des jeunes qui en ont besoin, en leur ouvrant des opportunités auxquelles ils n’auraient pas accès autrement. De l’autre, cet engagement a aussi des retombées positives en interne : il renforce le sentiment d’utilité des collaborateurs, donne du sens à leur travail et favorise leur engagement.
C’est également un investissement sur le long terme. Les jeunes accompagnés aujourd’hui sont les talents de demain. En s’impliquant dès maintenant, les entreprises participent à la construction d’une future génération plus formée, plus confiante et plus ouverte.
Enfin, chez Sport dans la Ville, cet engagement est particulièrement pertinent car tous les programmes sont pensés en lien direct avec le monde professionnel. Il existe donc de nombreuses façons de contribuer, adaptées à chaque entreprise.
Comment les membres de la CCFBL peuvent-ils s’inscrire dans votre démarche ?
Les membres de la CCFBL peuvent s’engager de différentes façons, en fonction de leurs moyens et de leurs priorités : mentorat, accueil de jeunes, participation à des événements solidaires ou soutien financier.
L’association privilégie une approche sur mesure, adaptée à chaque entreprise. Le premier pas reste souvent la rencontre et l’échange, pour identifier les formes d’engagement les plus pertinentes.
Quelle est la vision de Sport dans la Ville pour les prochaines années, notamment en matière de développement en Europe ?
Sport dans la Ville souhaite continuer à se développer en France, notamment en s’implantant dans de nouveaux territoires et quartiers, tout en gardant une forte exigence sur la qualité de l’accompagnement. Cette dynamique s’inscrit dans une vision à horizon 2030, avec plusieurs projets de développement.
À l’international, on privilégie des partenariats avec des structures locales. L’idée, c’est de travailler avec des acteurs déjà présents sur le terrain, qui en connaissent bien les réalités. C’est par exemple le cas à Bruxelles, où je suis basée, et où nous collaborons avec l’association Sport2Be.
Ces partenariats, avec des associations mais aussi des entreprises, sont essentiels pour développer le programme Young Talents et permettre d’accompagner toujours plus de jeunes vers la réussite.